Quel chemin parcouru !

Quel chemin parcouru !

Quel chemin parcourus depuis la nuit des temps !

Les idées et croyances sur l’enfance, ainsi que les manières de traiter les enfants et de les élever, ont varié selon les époques.

Plusieurs facteurs ont pesé sur cette place de l’enfant, soit dans la famille et dans la société par exemple : religions, coutumes, les croyances, le manque de connaissance, la médecine, le monde du travail, les guerres. Etc.

L’éducation à l’époque ne se basait pas sur les sentiments encore moins sur la qualité de vie.

Un petit survol sur la place accordée à l’enfant à travers les époques de l’antiquité à nos jours.

Dans l’Antiquité

À cette époque, les enfants étaient des êtres incapables et ignorants, des fardeaux pour la société. Il fallait absolument les éduquer sévèrement et très tôt.

Les Romains

L’enfant n’avait aucune importance pour les adultes, ils sont des êtres inférieurs, sans aucun droit jusqu’à l’âge de 7 ans. À cet âge, l’enfant commence à participer à la vie familiale par le travail. Le père avait le pouvoir de prééminence sur sa progéniture, le droit de vie ou de mort qu’il soit mineur ou adulte. Cependant, les parents semblaient affectueux avec leurs enfants qui ont besoin d’être bien disciplinés (éduquer et punir).

À cette époque, le nombre d’infanticides et d’abandons était dominant. Le père pouvait accueillir ou non l’enfant dans sa famille ou le mettre dans une décharge publique pour devenir esclave. Sa femme devait accepter sa décision.

En revanche dans les familles aisées, l’enfant était confié à une nourrice pour le nourrir et l’éduquer jusqu’à sa puberté vers les 12 ans.

Il n’y avait aucun lien entre l’enfant et ses parents. Ce manque d’attachement forgeait le caractère de l’enfant, semblait-il, à l’époque. 

Le moyen âge 

L’image de l’enfant a changé, il était plus valorisé, il devient un être pur et innocent. Les parents les aimaient et les soignaient. 

Ces changements ont été attribués à deux évènements historiques les invasions barbares et le christianisme.

Les peuples germaniques ont des coutumes et des comportements différents des Romains envers les enfants. Ces invasions germaniques avaient mis fin au règne de l’Empire Romain et par la même occasion à leur tradition et considérations vis-à-vis des enfants.

L’arrivée du christianisme accordait plus de valeur à l’enfant, puisqu’elle défendait l’égalité de tous aux yeux du seigneur. L’enfant avait une âme, il peut être sauvé, grâce au précepte « de vie après la mort » il fallait le baptiser à la naissance. Pour les enfants non baptisés, l’enfer les attendait. Le christianisme répondait la représentation du petit Jésus dans le corps d’un enfant. Cette image suscitait beaucoup d’intérêt et d’affection pour les enfants. 

Aussi, cette religion apporte de nouvelles réformes :

  • La condamnation de l’infanticide qui est considéré comme un meurtre
  • L’abandon de l’enfant est puni par la loi
  • Elle maintient, cependant, le statu quo relatif aux châtiments corporels.

La renaissance (16 et 17e siècle

En France, on pense à Diderot, à Montesquieu, à Voltaire, Rousseau. En Angleterre Newton. En Allemagne, Kant, etc., 

Toutes ces sommités ont participé à voir la réalité différemment. Ils se sont opposés à la foi aveugle, à l’autorité illégitime et à l’ignorance grâce à la critique et à la réflexion et à la pensée. 

Cette époque était aussi appelée le « siècle des Lumières », elle apportait un intérêt, une idéalisation et une considération pour l’enfance. L’éducation est alors soutenue par les philosophes. 

John Locke publie un livre «  La Pensée pour l’Éducation », dans lequel il conseillait les parents sur l’éducation de leur enfant, il encourageait l’utilisation du jeu pour l’apprentissage et bannissait le châtiment corporel.

Jean Jacques Rousseau fait paraître Émile ou De l’Éducation ». L’enfant est une innocence et une bonté parfaite. Il affirme que l’éducation commence à la naissance par l’hygiène, par la nourriture, la façon d’intervenir, le lien d’attachement à la mère et son rôle important. Il ajoute que l’enfant est actif dans son développement « il sent ses forces », on lui fera découvrir la vérité, sa vérité, car son fonctionnement est différent de celui de l’adulte. Rousseau préconise l’idée de faire confiance à la nature de l’Homme.

Pour Condillac, l’enfant naît « sans connaissance », durant sa petite enfance il va acquérir l’apprentissage nécessaire. Il parle de l’enfant comme « une somme d’apprentissages » qui aboutira pour certains au raisonnement.  

Malgré ces débats et ces réflexions, le quotidien et l’éducation de l’enfant ne changèrent pas. La mortalité demeurait élevée, néanmoins une bonne habitude et hygiène de vie a vu le jour.  

La Révolution industrielle (fin 18e 19e siècle)

L’école est devenue obligatoire, mais il y règne un climat d’austérité et de châtiment corporel. Les parents plus conscients et attentifs à leur enfant optent pour les écoles privées pour faire face à ce phénomène.

Les enfants ne pouvaient travailler que durant l’été. 

Cependant, chez les familles démunies, rien n’avait changé, les enfants sont passés des champs, aux usines et aux mines par nécessité et pour la survie de leur famille. Cette période est très pénible pour ces jeunes. Ils travaillaient dans des situations difficiles et dangereuses, ils sont réduits à l’esclavage.

Une prise de conscience a lieu quant à la condition de ces enfants, accompagnée de lois qui réglementaient le travail des enfants. Il devient, enfin un sujet de droit. Le parent pouvait être déchu de son autorité s’il violente son enfant. Etc.

Le 20e siècle

Des mouvements de protection de l’enfance voyaient le jour à travers le monde

L’Unicef est créé en 1947.

Le droit de l’enfant était inclus dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. 

L’enfant devait être protégé, aidé, quelles que soient sa race, sa nationalité et ses croyances.

Il a fallu attendre le 20 novembre 1989 pour que les Nations unies adoptent la convention relative aux droits de l’enfant.

Sur le plan éducatif

Cette période en pleine ébullition prend conscience de l’enfant et de son potentiel. L’idée de le protéger, de l’éduquer devient de plus en plus présent dans la pensée collective. 

Autant dire que l’émergence de nouvelles méthodes de pensées a aussi étayé des hypothèses sur le développement physique, psychologique de l’enfant. 

De plus, les recherches se sont penchées sur les différentes manières de transmettre le savoir, la connaissance à l’enfant.

Plusieurs courants de pensée sur les différents styles d’apprentissages ont jailli : le Béhaviorisme Watson et Skynner, le cognitivisme réplique au béhaviorisme, le constructivisme en réaction au béhaviorisme (Piaget), le socioconstructivisme progression du constructivisme.

L’approche pédagogique classique et les pratiques du corps enseignant ont été repensées. Des pédagogies nouvelles ont vu le jour : Freinet Decroly, Montessori, Steiner, Reggio. Je voulais un peu survoler le chemin parcouru par l’ENFANT à travers les époques en ce jour de « la journée mondiale des droits de l’enfant ». 

Il ne faut pas se leurrer pour autant, il y a encore certains enfants qui sont déchus de ce droit. J’ai été affronté à un cas de non-respect de ce droit, dernièrement, qui m’a tout retourné.

Chers parents, chers éducateurs et chères éducatrices, respectez les droits de l’enfant : droit à l’amour, droit de jouer, droit à l’affection, droit au respect, droit à vivre son enfance, droit de se tromper, droit d’être imparfait, droit d’apprendre à son rythme, droit d’être unique, droit à la sécurité, droit au bien-être, droit à l’éducation…

 

En conclusion

Les enfants dans les pays riches ou en voie de développement sont passés de l’enfer au paradis. 

Toutefois dans les pays pauvres, les enfants continuent à vivre à l’époque de l’Antiquité ou des Romains. Heureusement, les ONG et l’UNICEF travaillent d’arrache-pied pour en sauver un maximum de ces conditions précaires. 

Les statistiques publiées par l’UNICEF annoncent que 1 enfant sur 5 n’est pas scolarisé, le soutien à la petite enfance devient du surréalisme. Ce chiffre, déjà énorme, double dans les zones rurales.

 

Samira Buscaïno

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